Déclaration d'intention pour le territoire de Fessemheim - la réaction de Brigitte Klinkert, Présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin : "l'Etat doit prendre toutes ses responsabilités à travers des moyens et un pacte durable exemplaire"

Publié le
ven, 01/02/2019 - 12:45
« La signature de la déclaration d’intention est une première étape. Elle mobilise l’ensemble des partenaires autour du projet de territoire pour Fessenheim. Dans ce contexte local constructif, l'Etat doit prendre toutes ses responsabilités, tant dans la méthode que sur le fond, à travers des moyens et un pacte durable et exemplaire. Il doit s'agir d'un véritable contrat de confiance, indispensable à la concrétisation de tous les projets portés par les partenaires locaux . »

Signature de la déclaration d'intention pour le projet de territoire de Fessenheim

La réaction de Brigitte Klinkert, Présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin.

 

« La signature de la déclaration d’intention est une première étape. Elle mobilise l’ensemble des partenaires autour du projet de territoire pour Fessenheim. Dans ce contexte local constructif, l'Etat doit prendre toutes ses responsabilités, tant dans la méthode que sur le fond, à travers des moyens et un pacte durable et exemplaire. Il doit s'agir d'un véritable contrat de confiance, indispensable à la concrétisation de tous les projets portés par les partenaires locaux . »

 

Depuis plus d’un an, dans le cadre d'un travail exigeant et constructif avec l'Etat, les collectivités locales alsaciennes et leurs partenaires allemands ont démontré toute leur capacité à se mobiliser pour l'avenir du bassin de vie de Fessenheim, à travers la mise en œuvre d’un projet de transition énergétique et économique ambitieux, innovant et d'intérêt européen par sa dimension transfrontalière.

Aussi, je veux me féliciter, suite à la signature du Traité d’Aix-la-Chapelle, de l’affirmation des deux projets prioritaires et stratégiques pour le territoire, à savoir :

o   la mise en œuvre binationale du projet portant sur la reconversion du territoire de Fessenheim, de projets dans le domaine de la mobilité transfrontalière, de la transition énergétique et de l'innovation,

o   et aussi la réalisation de la liaison ferroviaire Colmar-Freiburg en reconstruisant le pont traversant le Rhin.

Avec le droit d’option introduit par le Traité d’Aix-la-Chapelle de nouvelles opportunités uniquess’offrent également à nous pour construire une vraie stratégie rhénane et franco-allemande de développement, d’emploi, de recherche au service du territoire. C’est une première qui pourra servir de modèle dans toute l’Europe.

La prise en compte de ces projets, au plus haut niveau de la coopération entre la France et l'Allemagne, est le fruit du travail partenarial des collectivités et des accords du territoire du Rhin supérieur.

Elle a bénéficié, de manière déterminante, de la dynamique alsacienne avec l’Accord de Matignon sur la Collectivité Européenne d’Alsace et le travail en cours sur la loi Alsace, qui font de cette future collectivité, le chef de file de la coopération transfrontalière.

Et c’est dans ce cadre, qu’avec l’ensemble de nos partenaires, nous avons pu mener un dialogue efficace avec les Gouvernements français et allemand.

A présent, il s’agit de concrétiser l'ambition d'un véritable projet de territoire pour Fessenheim, dans le cadre d'un pacte durable et exemplaire, avec des engagements financiers à la hauteur des enjeux.

La fermeture de la centrale de Fessenheim sera un symbole. Nous ne voulons pas que Fessenheim devienne le symbole d’un territoire abandonné, nous voulons que Fessenheim devienne la vitrine d’une économie durable réinventée.

Le contexte national actuel nous le montre bien, il y a une urgence écologique, il y a une urgence sociale. Le territoire de Fessenheim incarne plus qu’aucun autre, cette double urgence. Il ne s’agit pas de colmater ou de compenser, il s’agit de créer un cercle vertueux et de générer une nouvelle dynamique. Sinon, au final, nous aurons plus de précarité, sans avoir amélioré l’environnement.

Le Conseil départemental du Haut-Rhin est prêt à relever ce défi. Nous y apporterons toute notre part. Une enveloppe de 56 M€ a d'ores et déjà été programmée dans notre budget. Nous savons aussi pouvoir compter sur l'investissement des autres collectivités alsaciennes.

Dans ce contexte local constructif, l'Etat doit prendre toutes ses responsabilités, tant dans la méthode que sur le fond, à travers des moyens et un pacte durable et exemplaire. Il doit s'agir d'un véritable contrat de confiance, indispensable à la concrétisation de tous les projets portés par les partenaires locaux pour l'emploi, pour le maintien des services publics, pour l'accompagnement du tissu économique et social, pour les transports et pour la fourniture d'énergie aux industries.

Ce contrat de confiance pour Fessenheim a aussi pour corollaire l'avenir de Stocamine, situé à quelques kilomètres de la centrale. Pour ce site industriel, l'objectif clairement affiché doit être l'extraction de tous les déchets dangereux qui menacent la plus grande  nappe phréatique d’Europe et tout l'écosystème de la vallée du Rhin. Ceci est demandé unanimement par les associations et les élus depuis de nombreuses années, forts du principe de précaution qui a valeur constitutionnelle, mais aussi forts des solutions avancées par les rapports des experts.

A l'heure du Grand Débat, à l'heure où le développement durable est affiché comme une grande cause nationale, Fessenheim et Stocamine doivent être l'occasion de traduire nos ambitions communes en actes concrets, et de construire ensemble des projets de territoire exemplaires, transposables à d'autres territoires, au service de la transition économique et écologique mais également de la protection de l'environnement.

Il en va des modèles de développement que nous avons à inventer ensemble et à léguer aux générations futures.