Dix liaisons quotidiennes en 1914

Publié le
mer, 26/02/2020 - 17:00
Mise en service en 1878, la ligne ferroviaire Colmar-Freiburg a fonctionné jusqu’en 1945, année de la destruction du pont sur le Rhin. Rappel historique.

Dès les années 1860, une liaison ferroviaire est envisagée entre Colmar et Freiburg comme un des maillons de la ligne Paris-Vienne. L’Alsace est alors française. Il faut attendre les années 1870 et le développement du transport ferroviaire pour que le projet devienne réalité. Le 7 juin 1878, la ligne Colmar-Breisach-Freiburg est inaugurée : entre temps l’Alsace a été annexée à l’Empire allemand. Les travaux du pont sur le Rhin, entre Neuf-Brisach et Breisach, ont commencé dès 1875.

Dix liaisons par jour en 1914

La ligne connait très vite un vif succès. A son apogée, en 1914, dix liaisons quotidiennes sont assurées entre les deux villes reliées en un peu plus d’une heure. Après 1918 et le retour de l’Alsace à la France, la fréquentation diminue un peu mais reste néanmoins importante jusqu’en octobre 1939 où le pont sur le Rhin est détruit une première fois, lors de la retraite de l’armée française. Reconstruit par les autorités allemandes, il sera bombardé par l’aviation alliée en février 1945.

Cette fois, le pont ne sera pas reconstruit. Côté français la ligne s’arrête à Neuf-Brisach. Le trafic voyageur, réduit à deux liaisons par jour, sera même supprimé en 1969 et remplacé par une liaison par autocar. Aujourd’hui la ligne est encore utilisée pour le transport de marchandises. Côté allemand, la ligne Freiburg-Breisach connait au contraire un véritable engouement : trente trajets quotidiens cadencés toutes les 30 minutes. Le succès est tel que la ligne est en cours d’électrification et qu’une fréquence toutes les 15 minutes est envisagée.

Relancé depuis quelques années par le département du Haut-Rhin, le projet de reconstruction du pont ferroviaire sur le Rhin et de réouverture de la ligne est désormais entré dans sa phase active : il pourrait compter parmi les dix-neuf liens ferroviaires manquants identifiés par l’Union européenne et est inscrit parmi les quinze priorités du Traité franco-allemand d’Aix-la-Chapelle de janvier 2019.