Rendre le « transfrontalier » concret : Brigitte Klinkert invitée à s'exprimer devant le Landtag du Bade-Wurtemberg

Publié le
lun, 15/06/2020 - 20:00

Aller faire ses courses outre-Rhin, rendre visite à des ami(e)s ou à sa famille, se prévoir une balade… Ces activités font partie du quotidien d’un grand nombre d’habitants de la région des trois frontières, et elles sont à nouveau possible sans restriction depuis leur réouverture lundi 15 juin.  « Un jour de fête » pour Brigitte Klinkert, qui l’a célébré avec ses homologues suisses et allemands sur la Passerelle des trois pays à Huningue, dès lundi matin, rappelant ainsi l’importance de l’amitié franco-allemande-suisse ainsi que son engagement sans faille pour le transfrontalier.

Mais comment faire pour rajouter du concret derrière le mot « transfrontalier » ? Comment rendre cet engagement accessible et tangible pour ceux que cela concerne en premier lieu, les citoyens ? 

Un défi pour notre bassin de vie

La crise du coronavirus que nous venons de traverser, et qui a particulièrement touché le Haut-Rhin, peut peut-être aider à apporter des éléments de réponse, tant les leçons à tirer sont nombreuses pour une Europe dite « du quotidien ». Pour la Présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin, « tirer ces leçons représente un véritable défi pour l’Union européenne : il nous faut la renforcer pour affronter ensemble les crises à venir ». Et qui dit renforcer, dit intensifier la coopération entre les habitants d’un même bassin de vie. 

C’est dans cette optique que Brigitte Klinkert est invitée à s’exprimer demain mercredi 16 juin devant la Commission « Europe et affaires internationales » du Landtag du Bade-Wurtemberg, l’assemblée parlementaire de nos voisins allemands. Cette commission a vocation de traiter les questions qui lui sont soumises, et de formuler des recommandations politiques afin de les soumettre ensuite au Landtag pour décision. 

Mieux se comprendre pour mieux s’aider

Conviée par Willi Stächele (CDU), le Président du Landtag du Bade-Wurtemberg, la Présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin va partager son expérience avec de nombreux élus allemands en répondant à deux interrogations majeures : « La crise du corona – de nouveaux défis pour la coopération dans le Rhin supérieur » (Corona-Krise – neue Herausforderungen für die Zusammenarbeit am Oberrhein ? »), et « Les opportunités du traité d’Aix-la-Chapelle – simple incantation ou réalité vécue ? » (« Chancen des Aachener-Vertrages – Anspruch und Wirklichkeit ? »).

L’occasion de revenir sur les deux axes majeures – et concrets – du « transfrontalier ». A savoir, dans un premier temps, la coopération sanitaire. Après avoir remercié ses partenaires allemands pour l’aide apportée au plus fort de la crise, qui a « sauvé des vies », la Présidente va plaider pour un mécanisme simplifié de transferts des patients entre l’Alsace et le Bade-Wurtemberg. Pour y parvenir, un important travail interculturel, afin de faciliter encore la communication au sein du personnel hôpitalier, des médecins et des patients de ce même territoire, doit être poursuivi. Une harmonisation des indicateurs médicaux « pour parler le même langage et se comprendre » sera également nécessaire. 

Plus de gestion locale pour plus de fluidité

Dans un second temps, Brigitte Klinkert compte insister sur une gestion commune et régionalisée des frontières. Ces dernières semaines, l’élue n’a eu de cesse de demander la prise en compte des particularités de notre région frontalière : « Je crains que ces semaines de fermeture des frontières n'aient détruit beaucoup de choses dans le cœur et l'esprit des gens. C'est le travail ardu et précieux de nombreuses années qui est en jeu et qui menace la construction de l'Europe », a-t-elle expliqué. Pour protéger la forte indépendance économique qui caractérise, entre autres, le Rhin supérieur, la Présidente entend se mobiliser pour un nouveau cadre qui permettrait, à l’avenir, « de réglementer le trafic frontalier de manière coordonnée et conjointe, au niveau local ». 

Grenzüberschreitende Arbeit verstärken: Brigitte Klinkert beim baden-württembergischen Landtag

Jenseits des Rheins einkaufen, Freunde und Familie besuchen, eine Reise planen... Diese Aktivitäten gehören für viele Menschen im Dreiländereck zum Alltag, und sie sind seit ihrer Wiedereröffnung am Montag, dem 15. Juni wieder ohne Einschränkungen möglich. "Ein wahrer Festtag" laut Brigitte Klinkert, die ihn am Vormittag mit ihren schweizerischen und deutschen Amtskollegen auf der Dreiländerbrücke in Huningue feierte und damit an die Bedeutung der deutsch-französisch-schweizerischen Freundschaft und ihr unermüdliches Engagement für die grenzüberschreitende Zusammenarbeit erinnerte. Aber welche konkrete Bedeutung hat das Wort  "grenzüberschreitend" ? Wie können wir dieses Engagement für diejenigen, die es betrifft, d.h. in erster Linie die Bürger, zugänglich und greifbar machen?

Eine Herausforderung für unser Einzugsgebiet

Die Corona-Krise, die wir gerade durchgemacht haben und die den Oberrhein besonders betroffen hat, sollte dazu beitragen, Antworten zu liefern, oder Lehren für ein Europa des Alltags zu ziehen. Für die Präsidentin des Departementrats Haut-Rhin "stellt das Ziehen dieser Lehren eine echte Herausforderung für die Europäische Union dar: Wir müssen sie stärken, um künftige Krisen gemeinsam zu bewältigen". Um dies zu erreichen ist die Zusammenarbeit zwischen den Einwohnern desselben Einzugsgebietes unabdingbar. In diesem Sinne ist Brigitte Klinkert eingeladen, am morgigen Mittwoch, den 16. Juni, vor dem Ausschuss für Europa und Internationale Angelegenheiten des Landtags von Baden-Württemberg zu sprechen.

Sich gegenseitig besser verstehen, um einander zu helfen

Auf Einladung des baden-württembergischen Landtagspräsidenten Willi Stächele (CDU) wird die Präsidentin des Conseil Départemental du Haut-Rhin ihre Erfahrungen mit vielen deutschen Abgeordneten teilen, indem sie auf zwei große Fragen antworten wird: "Die Korona-Krise - neue Herausforderungen für die Zusammenarbeit am Oberrhein" und " Chancen des Aachener-Vertrages - Anspruch und Wirklichkeit?.

Dies ist eine Gelegenheit, auf die beiden großen - und konkreten - Aspekte des "Grenzüberschreitenden" zurückzukommen. In erster Linie nämlich auf die Zusammenarbeit im Gesundheitswesen. Nachdem die Präsidentin ihren deutschen Partnern für ihre Hilfe auf dem Höhepunkt der Krise gedankt hat, diese Hilfe, die "Leben gerettet hat", wird sie sich für einen vereinfachten Mechanismus für den Patiententransfer zwischen dem Elsass und Baden-Württemberg einsetzen. Um dies zu erreichen, muss eine wichtige interkulturelle Arbeit fortgesetzt werden, um die Kommunikation zwischen den Ärzten und den Patienten innerhalb dieses Gebietes weiter zu erleichtern. Eine Harmonisierung der medizinischen Indikatoren "um die gleiche Sprache zu sprechen und einander zu verstehen" wird laut Klinkert ebenfalls notwendig sein.

Mehr lokales Management für einen reibungslosen Grenzverkehr

Zweitens besteht Klinkert auf einer gemeinsamen und regionalisierten Grenzverwaltung. In den vergangenen Wochen hat sie wiederholt gefordert, die Besonderheiten unserer Grenzregion zu berücksichtigen: "Ich fürchte, dass diese Wochen der Grenzschließungen vieles in den Herzen und Köpfen der Menschen zerstört haben. Es ist die harte und wertvolle Arbeit vieler Jahre, die auf dem Spiel steht und die den Aufbau Europas bedroht", erklärte sie. Zur Wahrung der hohen wirtschaftlichen Abhängigkeit, die unter anderem den Oberrhein kennzeichnet, will sich die Präsidentin für einen neuen Rahmen einsetzen, der es in Zukunft ermöglicht, "den Grenzverkehr koordiniert, gemeinsam und auf lokaler Ebene zu regeln".