Séance Plénière du 15 mars : le discours de Brigitte Klinkert

Publié le
ven, 15/03/2019 - 15:00
"Nous devons impérativement, sans le moindre répit, défendre et promouvoir les principes de tolérance et de fraternité, car ils contribuent aux équilibres fondamentaux de notre société" Lire ci-dessous l'intégralité du discours de Brigitte Klinkert.

Chers collègues,

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis pour une nouvelle séance publique du Conseil départemental du Haut-Rhin.

Je vais avoir le plaisir de la présider avec, à mes côtés, Stéphanie TACHON que j’ai récemment décidé de nommer à la tête de notre Direction Générale des Services.

Nous allons ainsi pouvoir capitaliser ensemble, tous les effets bénéfiques de la relation de grande confiance que nous entretenons, elle et moi, depuis mon accession à la présidence de cette assemblée.

Je tiens à la remercier très chaleureusement d’avoir accepté de relever ce beau défi. Il nous permet de constituer le premier et seul tandem 100% féminin de tous les Conseils départementaux de France métropolitaine et d’Outre-Mer.

Voilà une nouvelle et belle source de fierté pour notre département.

La nomination de Stéphanie TACHON à la Direction Générale de notre administration, présente incontestablement une garantie de compétence, d’expérience et de stabilité qui s’avère essentielle à l’heure où les démarches de mise en convergence de nos politiques et de nos pratiques, s’accélèrent et s’intensifient avec le Conseil départemental du Bas-Rhin. Je vous en reparlerai dans quelques instants.

Avant cela, permettez-moi de revenir sur des faits qui nous ont tous émus durant les dernières semaines. Je veux parler des actes insupportables qui ont été commis, notamment en Alsace, sur des lieux de culte ou de recueillement israélites, mais aussi chrétiens.

Même s'ils sont évidemment sans commune mesure avec l'inqualifiable attaque de cette nuit sur deux mosquées en Nouvelle-Zélande, nous ne pouvons accepter que sur notre terre de concorde, soient commis de telles exactions contre les symboles d’une foi, quelle qu’elle soit. Ces actes constituent des atteintes intolérables à nos principes républicains, ainsi qu’à la tradition profondément humaniste qui est celle de l’Alsace.

Ils donnent encore plus de sens et de portée à notre volonté commune, d’encourager et de développer le dialogue entre les différentes religions représentées dans nos territoires.

Je souhaite remercier à cet égard notre collègue Martine DIETRICH qui assume avec beaucoup de détermination, sa fonction de conseillère déléguée au dialogue interreligieux.

Pour ma part, je me suis rendue ce matin à HABSHEIM pour visiter, en compagnie d'élèves du collège Henri-Ulrich, l'exposition "Vivre la France ensemble" que nous avons déjà accueillie dans nos locaux, et qui traduit le regard d'une vingtaine de dessinateurs de presse sur la tolérance et la liberté d'expression.

Par ailleurs, j’irai lundi au collège Victor-Hugo de COLMAR, afin de présenter le calendrier interreligieux élaboré sous l’égide de l’Association de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés, par des responsables des cultes catholique, protestant, israélite et musulman.

Nous devons impérativement, sans le moindre répit, défendre et promouvoir les principes de tolérance et de fraternité, car ils contribuent aux équilibres fondamentaux de notre société.

Telle sera assurément l’une des vocations importantes de notre future collectivité alsacienne, notamment dans le cadre de cette nouvelle « citoyenneté » dont elle sera la porteuse.

En ce qui concerne précisément la Collectivité Européenne d’Alsace, les étapes essentielles de sa création continuent à s’enchaîner.

Porté par un consensus politique des plus larges, notre projet a connu durant ces derniers mois, des avancées majeures. Je me permets de les rappeler :

  • 29 octobre 2018 : La déclaration de Matignon permet notamment de préciser les compétences spécifiques et particulières dont disposera la nouvelle collectivité. Celles-ci auront une dimension stratégique incontestable dans de nombreux domaines qui nous permettront d’agir de façon décisive sur le quotidien des Alsaciens.
     
  • 22 janvier 2019 : Le nouveau Traité franco-allemand signé à AIX-LA-CHAPELLE par le Président Emmanuel MACRON et la Chancelière Angela MERKEL, conforte la position de la Collectivité Européenne d’Alsace au cœur de l’espace tri-national du Rhin Supérieur. Il fait d’elle un véritable laboratoire d’innovation institutionnelle à l’échelle européenne.
     
  • 4 février 2019 : Les deux assemblées départementales bas-rhinoise et haut-rhinoise lancent par leur vote, le processus juridique de regroupement de nos deux collectivités, et adoptent la feuille de route commune d’un projet ambitieux reposant sur trois piliers : la proximité, l’efficacité et la citoyenneté.
     
  • Enfin, 27 février 2019 : Le projet de loi relatif aux compétences de la Collectivité Européenne d'Alsace est présenté en Conseil des Ministres par Jacqueline GOURAULT, Ministre de la Cohésion des Territoires.

Avec Frédéric BIERRY, nous avons multiplié, depuis le début de cette semaine à PARIS, des réunions et des rencontres qui ont permis de rappeler à nos interlocuteurs, tous les enjeux de la création de la nouvelle collectivité. Elles ont également permis de rassembler et de fédérer toutes les énergies qui lui permettront d’assumer pleinement sa vocation et son rôle.

  • Lundi soir, nous avons ainsi évoqué notre projet commun devant le Club des 100 partenaires de la Maison d’Alsace à PARIS, dont les membres ont ainsi pu prendre conscience de toutes les opportunités offertes par la Collectivité Européenne d’Alsace, notamment en termes d’aménagement du territoire, de promotion touristique et de développement de l’activité économique et de l’emploi.
  • Mardi, nous avons été auditionnés par la rapporteure de la Commission des Lois du Sénat, sur le projet de loi relatif aux compétences de la CEA, avant de prendre part à une table ronde avec les représentants des autres collectivités alsaciennes organisée sur ce même projet par la rapporteur Agnès CANAYER.
  • Mercredi matin, nous avons été reçus par le Président du Sénat, Gérard LARCHER, lors d'un entretien privé au cours duquel nous avons pu le sensibiliser à tous les atouts de notre projet.
  • Mercredi en fin d'après-midi, nous avons participé au colloque organisé par le Président de l'Assemblée Nationale, sur le droit à la différenciation dans la future révision constitutionnelle. Nous y avons présenté les spécificités qui feront de notre future collectivité, un cadre d’expérimentation pertinent et cohérent pour une nouvelle décentralisation, source d’une plus grande proximité de l’action publique.
  • Enfin, mercredi en soirée, nous avons rencontré les parlementaires alsaciens avec qui nous avançons de concert sur ce projet, et qui ont pu apporter leurs réflexions et contributions au projet de loi sur les futures compétences de la Collectivité Européenne d’Alsace. Ils sont désormais prêts à prendre le relais, notamment lors de la première discussion du projet de loi au Sénat, le 2 avril prochain.

Vous le constatez, chers collègues, nous continuons à avancer sur un rythme très soutenu pour défendre et porter notre projet commun jusqu’au sommet de l’Etat.

Il s’agit d’un parcours dense et intense, mais aussi et surtout, particulièrement enthousiasmant. Car au bout de ce parcours, il y a, nous le savons tous, la perspective d’une Alsace retrouvée, renforcée, pleinement actrice de son présent, résolument décideuse de son avenir, et pleinement consciente de son statut privilégié de « cœur européen de la France ». 

Cette dimension européenne nous tient beaucoup à cœur, parce qu’elle fait partie de l’ADN de l’Alsace et de tous les Alsaciens. Les élections de fin mai devront donc nous mobiliser encore plus qu’ailleurs en France, et si possible, pour les vrais enjeux qu’elles représentent pour notre avenir.

C’est justement dans cette perspective que nous accueillons, le 27 mars prochain, dans le hall de notre Hôtel du Département, une rencontre entre, d'une part, des responsables gouvernementaux français et allemands, et d'autre part, une centaine de jeunes de nos deux pays, afin qu'ils puissent débattre sur l’avenir de l’Europe.

Ce moment privilégié de dialogue franco-allemand devrait constituer un révélateur très instructif sur les attentes de nos jeunes à l'égard des institutions européennes, et plus largement, sur leur vision de l'Europe d'aujourd'hui et de demain.

Vous êtes bien-sûr très cordialement invités à cette rencontre, chers collègues. Pour ma part, je l'attends avec une grande impatience.

En tout état de cause, sa tenue dans nos locaux constituera une belle reconnaissance de la dimension éminemment transfrontalière et européenne de notre future collectivité alsacienne.

En attendant cette intéressante perspective, je vous propose de passer à l’examen des rapports inscrits à l’ordre du jour de cette séance.

Nous y évoquerons notamment la mise en place de nouvelles aides financières pour nos aînés, dans le cadre du plan senior 2019.

Il s’agit en particulier de mesures destinées à une meilleure adaptation des logements des bénéficiaires de l’allocation personnalisée à l’autonomie.

Elles s’inscrivent dans le parfait prolongement de notre volonté, clairement affirmée lors du vote du budget primitif 2019, de veiller à ce que toutes nos personnes âgées puissent vivre dans la dignité et dans le respect que nous leur devons.

Je vous remercie de votre attention.