Séance plénière du 23 octobre : le discours du Président

Publié le
ven, 23/10/2020 - 12:00
« Je souhaiterais aussi consacrer le début de cette séance à un moment d'hommage à Samuel PATY, ce professeur d'histoire qui a payé de sa vie, la volonté de défendre les libertés fondamentales de notre pays et les principes sur lesquels notre démocratie se construit au quotidien » a souligné avec émotion le Président Rémy With avant d'aborder la Décision Modificative n°2, le nouveau dispositif Pac Employeur rSa et la mise en oeuvre de la stratégie nationale de prévention de la protection de l'enfance à l'échelle locale.

Discours de Monsieur Rémy WITH Président du Conseil départemental du Haut-Rhin Séance plénière du Conseil départemental du 23 octobre 2020 Madame la Ministre, Chers collègues, Nous sommes réunis ce matin pour une séance plénière qui sera notamment consacrée à l'examen de la Décision Modificative n°2 de notre budget 2020, ainsi qu'à différents rapports sur lesquels je reviendrai dans quelques instants. Mais avant cela, permettez-moi de féliciter en votre nom, publiquement et de façon très chaleureuse, nos deux collègues Sabine DREXLER et Yves HEMEDINGER, pour leur élection respective en qualité de Sénatrice et de Député du Haut-Rhin. Grand bravo à vous deux. Voilà notre collectivité très bien représentée dans les instances exécutives et législatives nationales, avec désormais une ministre et deux parlementaires. Je souhaiterais aussi consacrer le début de cette séance à un moment d'hommage à Samuel PATY, ce professeur d'histoire qui a payé de sa vie, la volonté de défendre les libertés fondamentales de notre pays et les principes sur lesquels notre démocratie se construit au quotidien. Mercredi soir, les honneurs lui ont été rendus par le Président de la République. Avec Frédéric BIERRY, nous avons tenu, au nom de tous les Conseillers départementaux alsaciens, à nous associer à ce moment de recueillement, en rappelant notre attachement profond aux valeurs de la République et notre détermination à les défendre avec la plus grande énergie. Nous avons aussi appelé l'ensemble des collèges alsaciens à poursuivre plus que jamais leur travail d'éveil à la citoyenneté de chacun de leurs élèves, en leur rappelant que nos deux Départements - et demain la Collectivité européenne d'Alsace - seront toujours à leurs côtés, afin de mener à bien cette mission si indispensable. Pour une France unie face à la violence et au fanatisme, mais aussi engagée en faveur de la tolérance et du respect des différences. Pour une France guidée par ces paroles de Lucie Aubrac : "Le verbe RESISTER devra toujours se conjuguer au présent". Ce matin, chers collègues, je vous propose de marquer solennellement notre solidarité avec les proches de Samuel PATY et avec l'intégralité du corps enseignant, en nous levant et en observant une minute de silence. (Minute de silence) Je vous remercie pour ce moment de recueillement. Il a été à la hauteur de la gravité des enjeux que recèle cet assassinat effroyable, mais aussi de notre engagement à y répondre sans le moindre compromis et sans la moindre concession. Outre le terrorisme, notre société semble aujourd'hui confrontée à un autre danger qui continue à menacer gravement son intégrité et ses équilibres fondamentaux. Une deuxième vague de l'épidémie de Covid-19 paraît, en effet, s'étendre sur l'Europe, et notamment sur la France. Juste avant cette séance plénière, dans le cadre de la commission permanente, nous avons procédé ensemble à un bilan de l'engagement de notre collectivité dans la lutte contre les conséquences de la crise sanitaire du printemps dernier. A cet instant précis, j'aimerais rappeler ces deux chiffres particulièrement révélateurs de notre implication : • 2,5 M€ d'aides consacrées aux différents acteurs locaux, parmi lesquels près de 900 associations soutenues dans le cadre du Fonds d'urgence. • Mais également 1,3 M€ de soutiens aux entreprises alsaciennes, au titre de notre Fonds pour le tourisme et de notre participation au Fonds Résistance du Grand Est. Il va de soi que nous allons suivre de très près l'évolution préoccupante de cette épidémie, et que nous resterons présents aux côtés des forces vives alsaciennes, afin de les aider à surmonter des moments qui pourraient s'annoncer difficiles. Bien évidemment, nos services sont eux aussi en vigilance renforcée dans leurs champs de compétence respectifs, sous l'œil attentif de notre DGS. Nous saurons adapter la mobilisation de nos services en fonction des besoins du moment, tout en prenant les mesures dictées par la sécurité et par la protection, tant de nos collaborateurs que de nos usagers. Ces mesures seront bien-sûr adoptées en concertation étroite avec les organisations syndicales. Parmi les domaines dans lesquels il était fondamental de tirer les enseignements de la crise sanitaire du printemps dernier, il y avait celui de la coopération transfrontalière. En effet, nous nous souvenons tous des difficultés quotidiennes pour nos concitoyens, du fait de l'absence d'harmonie et de concertation entre les autorités françaises, allemandes et suisses. Nous nous souvenons fort heureusement aussi de l'engagement ô combien déterminé et efficace de notre Présidente d'alors, pour remédier à ces dysfonctionnements. Encore un grand merci à vous, Madame la Ministre, chère Brigitte. Il y une semaine, nous avons échappé de peu à ce mauvais scénario, lorsque les autorités fédérales allemandes ont annoncé de nouvelles restrictions aux frontières, suite au classement du Grand Est en zone à risque. Fort heureusement, les responsables politiques des Länder concernés ont pris leurs responsabilités et ont ainsi rendu service à des dizaines de milliers d'Alsaciens, mais aussi à un grand nombre de nos acteurs économiques. Je tiens à les en remercier très chaleureusement. Le congrès intitulé "Covid et santé : comment dépasser les frontières pour protéger nos populations ?" que nous avons organisé lundi dernier, a démontré, si besoin en était encore, l'impérieuse nécessité d'une collaboration exemplaire entre les collectivités frontalières, à l'échelle du Rhin Supérieur. En effet, quand il en va de la santé et de la vie de millions d'êtres humains, il ne peut y avoir de barrières. C'est pourquoi, l'une des missions essentielles de la Collectivité européenne d'Alsace sera assurément de lever chacune de ces barrières, notamment dans le cadre du "schéma alsacien de coopération transfrontalière" sur lequel nous travaillons d'ores et déjà avec nos amis voisins, allemands et suisses. Venons-en à présent, chers collègues, à l'ordre du jour de cette séance plénière. La Décision Modificative n°2 vient confirmer par les chiffres, la qualité de notre gestion "à l'alsacienne" faite à la fois de rigueur, de volontarisme et d'audace. Malgré de nouvelles charges liées à la crise sanitaire et au financement du rSa, l'évolution des dépenses de fonctionnement a pu être maîtrisée. Quant aux dépenses d'investissement, elles s'inscrivent dans notre effort de gestion et de programmation des opérations en temps réel. Le rSa, précisément, parlons-en. Afin de prévenir et d'amortir le coût lié à la hausse du nombre de bénéficiaires, en raison du contexte de crise sanitaire et économique, il vous est proposé de mettre en place un nouveau dispositif d'insertion que nous voulons incitatif pour les employeurs : le "PAC Employeur rSa". Ce "PAC Employeur rSa" se traduit, à la fois, par un coup de pouce financier donné aux entreprises souhaitant embaucher un allocataire, et par un accompagnement en amont pour la définition du poste, la mise en relation avec des candidats motivés, le recrutement et le déroulement des premières semaines d'emploi. Après les dispositifs "rSa bénévolat" et "rSa vendanges", notre collectivité se distingue donc une nouvelle fois par son souhait d'innover dans le domaine de l'insertion, et d'adopter des démarches gagnantes pour les allocataires, pour les entreprises et pour notre collectivité. Un autre rapport important retiendra notre attention lors de cette séance : il s'agit de celui portant sur la signature avec l'Etat, du Contrat départemental de prévention et de protection de l'enfance pour 2020 à 2022. Je rappelle à cet égard que le Haut-Rhin a été retenu parmi 30 Départements volontaires pour expérimenter, dès cette année, la "stratégie nationale" que le gouvernement souhaite lancer dans ce domaine hautement sensible. En contrepartie d'un soutien de près de 2 M€, notre collectivité s'engage donc à renforcer certains axes de sa politique, parmi lesquels : la diversification de l'offre en matière de protection de l'enfance à domicile, le développement de centres parentaux, et le soutien apporté aux anciens mineurs non accompagnés. Vous le constatez, chers collègues, nous continuons inlassablement, avec nos services et nos collaborateurs, à faire preuve de créativité et d'esprit d'initiative. Parce que c'est dans les gènes de notre collectivité d'être innovante et inventive. Et parce que nous savons que ce sont là autant de politiques et d'actions qui viendront bientôt inspirer celles de la Collectivité européenne d'Alsace. Ce dimanche, nous serons à J-68. N'est-ce pas là un chiffre mythique et un beau symbole pour exprimer aujourd'hui tout notre enthousiasme, mais aussi toute notre détermination à ce que le Haut-Rhin soit à la hauteur du rendez-vous du 1er janvier 2021 ? Car il s'agit d'un vrai rendez-vous. Le rendez-vous avec l'Histoire de l'Alsace. Je vous remercie.