Séance Plénière du 3 juillet : le discours de Brigitte Klinkert

Publié le
ven, 03/07/2020 - 10:15
Brigitte Klinkert a salué avec reconnaissance les personnels en première ligne pendant la Crise du COVID, ces héros du quotidien qui ont oeuvré au plus près des plus fragiles de nos concitoyens. Une prime exceptionnelle leur sera versée. Elle a également évoqué les grands dossiers d'actualité tels l'avenir du Territoire de Fessenheim, la mise sur pied progressive de la CeA avec la convergence des politiques de viabilité hivernale entre les deux Départements, la restructuration du collège Kennedy de Mulhouse. Lire l'intégralité du discours ci-dessous.

Chers collègues,

Mesdames et Messieurs

Je vous souhaite la bienvenue à cette nouvelle séance plénière de notre assemblée.

Son ordre du jour s'avère relativement limité. Dans son prolongement, nous aurons cependant le plaisir d'accueillir Monsieur Laurent TOUVET, Préfet du Haut-Rhin, accompagné de Madame et Messieurs les Sous-Préfets, pour la présentation du traditionnel "rapport d'activité des services de l'Etat dans le département".

Avant cela, permettez-moi tout d'abord de féliciter ceux de nos collègues Conseillers départementaux qui ont été élus ou réélus lors du deuxième tour des élections municipales de dimanche dernier. Avec évidemment une mention toute particulière pour mon ami et "binôme" Eric STRAUMANN dont la liste l'a emporté dans la ville chef-lieu de notre département.

De façon plus "légère" mais loin d'être anecdotique, j'aimerais également partager avec vous la fierté que j'ai ressentie mercredi soir, suite à la désignation par nos compatriotes, de la commune bas-rhinoise de HUNSPACH comme "village préféré des Français".

Après EGUISHEIM et KAYSERSBERG, voilà donc une troisième commune alsacienne qui se voit reconnue à l'échelle nationale pour ses attraits notamment patrimoniaux. HUNSPACH intègre le palmarès en tant que 10ème lauréate de ce concours, comme toujours mené de main de maître par Stéphane BERN.

Voilà un beau message d'espoir adressé à l'Alsace après la période douloureuse qu'elle a traversée. Voilà aussi un beau signe d'encouragement pour la CeA qui aura en charge la valorisation touristique de nos territoires.

Parmi les rapports soumis à votre vote ce matin, je souhaite en premier lieu évoquer celui qui va nous permettre de récompenser des personnels qui ont été amenés à s'engager très directement contre l'épidémie de Covid-19.   

Nous le savons toutes et tous, le Haut-Rhin a été particulièrement meurtri par cette crise sans précédent. Des femmes et des hommes se sont alors révélés aux yeux de nos concitoyens comme de véritables "héros", en contribuant avec beaucoup d'humanité et d'humilité à ce que notre société tienne bon durant ces longues semaines.

Fidèles à la mission de solidarité qui leur incombe, de nombreux agents qui exercent leurs fonctions dans les établissements sociaux et médico-sociaux relevant des champs de compétence de notre collectivité (personnes âgées, personnes en situation de handicap, protection de l'enfance), méritent assurément de figurer parmi ces "héros du quotidien" et d'être récompensés par l'octroi de la prime exceptionnelle prévue par l'Etat.

Il vous est ainsi proposé d'établir le montant de cette prime à son niveau maximal, soit 1 500 €, pour les personnels œuvrant dans les secteurs de l'autonomie, ceci en reconnaissance de leur engagement extraordinaire durant la crise que nous avons connue. Cela concerne près de 4 000 agents et représente une dépense globale de presque 4,4 M€.

Dans un rapport complémentaire à celui-ci, il vous est également proposé de verser une prime exceptionnelle de 1 000 € à ceux de nos propres agents qui ont été tout particulièrement mobilisés, tout au long de notre difficile combat contre l'épidémie.

Ils ont fait honneur au Conseil départemental du Haut-Rhin et se sont montrés à la hauteur de la tradition humaniste alsacienne. En votre nom, chers collègues, je les en remercie très chaleureusement.

Oui, le Haut-Rhin est un département éminemment solidaire dans lequel le bénévolat, la citoyenneté et l'engagement associatif occupent une place absolument fondamentale. D'ailleurs, ce sont là des valeurs dont nous encourageons très fortement l'émergence et le développement dans tous nos territoires.

C'est pourquoi, j'ai choisi d'engager notre collectivité dans le projet national "Tous Voisins, Tous solidaires". Il s'avère en effet que la solidarité entre voisins constitue souvent le parfait complément des services rendus par les pouvoirs publics, les associations ou, tout simplement, le cercle familial.  

Le Haut-Rhin est le premier département à s'inscrire dans cette démarche. Nous avons ainsi l'ambition, à travers notamment la mise en place d'une plateforme d'entraide, de favoriser le développement des solidarités de voisinage dans nos territoires.

Par ailleurs, en relation avec l'association "Voisins Solidaires", notre Conseil départemental tentera d'initier une dynamique nationale qui permettra de fédérer de grands partenaires institutionnels ou privés autour de ce beau projet.

Notre séance de ce matin sera également l'occasion d'aborder un dossier qui, bien entendu, nous tient tout particulièrement "à-cœur", celui de la Collectivité européenne d'Alsace.

Oui, chers collègues, notre future collectivité alsacienne avance. Elle avance même très bien, au rythme du compteur qui, sur la façade de notre bâtiment, égrène les jours nous séparant de son entrée en vigueur. Un compteur qui affichait fièrement hier matin le chiffre "183", celui qui marque la mi-parcours de ce passionnant compte à rebours.

La mise en commun des organisations et des politiques de nos deux départements se poursuit à un rythme soutenu. Ainsi, dans quelques instants, nous allons nous prononcer sur une dimension emblématique de la collaboration entre nos deux collectivités, puisqu'elle concerne le futur réseau routier alsacien.

Le rapport que je soumets à votre approbation, tend en effet à faire converger nos deux politiques de viabilité hivernale. Ses dispositions ont été élaborées en concertation avec les services de l'Etat et s'appliqueront dans toute l'Alsace dès l'hiver prochain. Elles s'inspirent très largement des grands principes de sécurité qui ont déjà fait leurs preuves dans le Haut-Rhin.  

Dans un autre rapport, toujours relatif à la structuration du futur réseau routier alsacien, nous apporterons des solutions à un problème très concret résultant de la mise en convergence, à savoir l'existence de doublons dans la numérotation des routes départementales actuellement haut-rhinoises et bas-rhinoises. Ceci est évidemment loin d'être anecdotique. 

A ce stade, je tiens surtout à relever l'excellente qualité du travail réalisé par les membres des deux Commissions des Routes, présidées respectivement par Alain GRAPPE pour le Haut-Rhin, et Marcel BAUER pour le Bas-Rhin, ainsi que par les services. Grand merci à vous, chers collègues et chers collaborateurs.

Le dernier rapport que je souhaiterais mettre en exergue ce matin concerne l'important projet de restructuration du collège Kennedy de MULHOUSE dont je rappelle qu'il porte sur près de 15 M€ de travaux.

Dans la mesure où le collège Kennedy a d'ores et déjà dépassé son taux de remplissage maximal, ces travaux ne peuvent avoir lieu en site occupé. Il a donc été décidé, en étroite concertation avec la Ville de MULHOUSE et les services de l'Education Nationale, de reloger le collège, pendant toute la durée des travaux, dans les locaux de l'ancien lycée Camille Claudel appartenant à la Ville.

Il s'agit aujourd'hui d'adopter les mesures d'accompagnement tout à fait exceptionnelles rendues nécessaires par ce transfert. Elles me donnent surtout l'occasion de rappeler l'engagement global du Conseil départemental dans la stratégie PRÊT, pour la réussite éducative de tous, à savoir 100 M€. Une stratégie qui prend tout son sens et qui révèle toute sa portée en cette période post-crise sanitaire particulièrement difficile pour notre jeunesse.

Pour conclure mon propos, permettez-moi de faire un point sur le dossier Fessenheim, suite à l'arrêt définitif du second réacteur intervenu lundi soir.

Il reste un très long chemin à parcourir pour répondre à tous les enjeux sociaux, économiques et environnementaux du projet de transition du territoire de Fessenheim. Car pour l'heure, le compte n'y est pas. Non, l'Etat n'est pas au rendez-vous de ce projet crucial. Je le regrette et me permettrai de le rappeler à Monsieur le Préfet tout à l'heure.

L'Etat a vraiment l'obligation morale et politique d'engager des moyens financiers à la hauteur de l'urgence vécue dans ce territoire. D'autant plus que c'est une chance unique pour la France de faire de Fessenheim, un symbole de réussite de la transition énergétique et de la coopération transfrontalière.

Il s'agit là d'une dimension essentielle du traité d'Aix-la Chapelle conclu par la chancelière MERKEL et le Président MACRON. Ce dernier a même cité Fessenheim comme devant être l'exemple d'une "reconstruction économique, écologique et solidaire".

Fort heureusement, comme un autre symbole, le mardi 30 juin a aussi été marqué par la signature, par l'ensemble des partenaires français et allemands, de la convention de financement d'une nouvelle phase d'étude de deux ans pour la réouverture de la ligne ferroviaire entre COLMAR et FREIBURG.

Voilà une belle avancée dans ce projet exemplaire de coopération franco-allemande qui répondra à plusieurs préoccupations majeures :

  • Celle de l'environnement, par le renforcement des mobilités durables,
  • Celle de la qualité de vie, par le développement de l'accessibilité et de l'attractivité du territoire,
  • Et celle du dynamisme de deux villes au fort potentiel économique et touristique, enfin directement reliées.