Vœux d’Eric Straumann aux maires et forces vives du Haut-Rhin : les Alsaciens doivent prendre leur destin en main !

Publié le
ven, 13/01/2017 - 19:30
A l’occasion de la cérémonie des vœux 2017, Eric Straumann, en parfaite synergie avec Frédéric Bierry, a annoncé le lancement d’une initiative commune sur l’avenir institutionnel de l’Alsace. Il a longuement évoqué l’attachement viscéral de la population aux valeurs alsaciennes, leur désolation de les voir se dissoudre dans une structure sans âme, sans racines. « Au printemps prochain, ne ratons pas pour la 3ème fois le train de la réforme », a plaidé Eric Straumann, « cette fois, sachons prendre notre destin en main ! ».

Comment ne pas être touché par les dernières secondes de la vidéo que nous venons de visionner ensemble, et qui a déjà été vue par plus de 100.000 internautes ?

Comment ne pas être ému par les regards et les sourires de ces « artistes d’un jour »

Comment ne pas ressentir leur bonheur d’avoir pu contribuer au nôtre, en mettant tout leur cœur dans la réalisation de nos cartes de vœux 2017 ?

Ce bonheur, nous avons tenu à le partager avec vous ce soir. Par sa simplicité et sa sincérité, il ressemble en effet à celui que nous vivons parfois au quotidien, sans même nous en rendre compte.

Il ressemble à ce bonheur qui provient des moments de paix et de sérénité passés avec les personnes que nous aimons. Un bonheur qui sait si bien nous ramener à l’essentiel.

C’est avec beaucoup de plaisir que je vous accueille pour la deuxième fois consécutive, ici à l’Hôtel du Département, afin de marquer ensemble le passage à la nouvelle année et de partager quelques moments de convivialité.

Pour cette rencontre, le choix d’un vendredi 13 est évidemment lié au seul hasard du calendrier. Il ne signifie en rien que nous tablons sur des coups de pouce providentiels du destin pour aborder 2017

Nous, élus locaux, savons bien en effet, que « la chance n’est que la forme laïque du miracle » comme disait Paul Guth. Mieux vaut ne pas compter sur elle pour exercer nos mandats avec tout le réalisme et le pragmatisme requis.

Même la cagnotte de 13 M€ promise aujourd’hui par la Française des Jeux ne permettrait pas d’arranger nos affaires. Son montant est nettement inférieur  aux 18M€ que l’Etat prélèvera sur nos dotations cette année.

Réalisme et pragmatisme, voilà deux mots qui, je crois, permettent de bien résumer l’année 2016 telle qu’elle a été gérée par le Conseil départemental.

Ces deux termes portent en eux la satisfaction du devoir accompli, mais aussi le regret de n’avoir pu faire mieux. La faute à un environnement toujours aussi instable et à un avenir toujours aussi difficile à appréhender.

Je pense qu’il est inutile d’évoquer longuement devant vous, toutes les incertitudes qui continuent à planer sur notre pays. Dans un monde comme le nôtre, la moindre étincelle peut s’avérer explosive. Désormais, plus rien n’est fiable, tout est friable.

Les anciens équilibres politiques et économiques n’existent plus. Les deux grandes puissances mondiales y sont manifestement pour quelque chose, notamment la Russie qui vient d’annoncer le renforcement de son arsenal nucléaire. 

La faiblesse actuelle de l’Europe est elle aussi marquante, alors qu’elle doit faire face à un important afflux de réfugiés. Au lieu de la voir se déconstruire peu à peu, on aimerait une Europe prête à peser dans le monde et dans les conflits qui nous impactent. Une Europe qui aurait enfin sa place sur l’échiquier diplomatique et militaire.

Mais restons optimistes. Certains nous décrivent le monde occidental comme étant celui des années 30, alors que le niveau de vie n’y a globalement jamais été aussi élevé. On n’y relève aucun chômage de masse, sauf dans les pays du sud de l’Europe…et en France.

De notre pays, justement, parlons-en. L’an dernier, il a une nouvelle fois vécu la douleur du deuil et l’horreur de la barbarie, notamment à Nice, le soir de notre Fête Nationale.

Il me paraît donc indispensable de rendre, au nom de tous, un hommage à celles et ceux qui assurent notre sécurité et qui combattent les terroristes, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de nos frontières.

Encore ce matin, j’étais au 15/2 à Colmar pour une visioconférence avec nos troupes au Mali afin de leur apporter notre soutien.

Je suis heureux d’accueillir parmi nous ce soir, des épouses de militaires engagés sur les théâtres d’opération extérieurs.

Nous les remercions de transmettre à nos valeureux soldats, nos remerciements admiratifs pour leur courage et leur dévouement à plusieurs milliers de kilomètres de chez eux.

Dans le contexte délicat que je viens de décrire, les collectivités locales ont fait au mieux, avec des moyens en baisse constante et face à des attentes qui s’avèrent toujours aussi élevées de la part de leurs administrés.

Un peu comme si nos concitoyens espéraient de leurs élus locaux, cette part de prospérité que d’autres leur avaient promise à l’échelle nationale.

La réforme territoriale n’a en rien contribué à rendre plus digeste, notre redoutable millefeuille. Peut-être est-il trop tôt pour évaluer les effets de ces lois. Mais je reste sceptique quant à l’efficacité des grands ensembles interrégionaux. Et j’ose encore moins parler de possibles économies.

Alors qu’on écrivait déjà la chronique de leur mort annoncée, les départements sont quant à eux toujours debout, n’est-ce pas mon cher Frédéric ?

Mieux que ça : un grand nombre d’entre eux ont su faire face au repli des dotations de l’Etat et au niveau important des dépenses sociales.

Notre département a même réussi une nouvelle fois en 2016, à réduire ses charges de fonctionnement de façon sensible et ce, malgré la hausse mécanique des frais de personnel.

Parvenir à faire baisser les charges internes de près de 8% en deux exercices budgétaires, voilà une performance intéressante à l’heure où certains stigmatisent la gestion des collectivités locales.

Dans la continuité de la première année de son mandat, l’assemblée départementale haut-rhinoise s’est donc évertuée à faire les « justes choix ».

Ils lui ont permis de relever les trois défis qui s’imposaient à elle : celui de l’équilibre budgétaire, celui de la préservation d’un certain montant d’investissements et celui du maintien d’un bon niveau de service public.

Composée d’élus de terrain qui connaissent les besoins de leurs territoires et qui savent en défendre les intérêts, notre assemblée a réussi à prendre la hauteur requise, pour faire évoluer les grandes politiques qui devaient l’être.

L’exemple le plus emblématique de sa capacité à innover, est sans doute représenté par la réforme du rSa.

Nous pouvons évidemment être satisfaits des 3,7M€ d’économies qui ont été réalisées grâce au renforcement de nos contrôles.

Nous pouvons aussi nous féliciter des effets de nos actions en faveur de l’insertion : grâce à elles, il y a près de 2.000 personnes qui ont retrouvé le chemin de l’emploi en 2016, et on compte 5% d’allocataires du rSa en moins. Ceci constitue une première depuis dix ans.

Mais nous pouvons surtout être fiers de l’aboutissement de la réflexion qui a été menée en parallèle sur le bénévolat, et qui sera mise en œuvre de façon progressive en 2017.

Oui, nous pouvons être fiers d’avoir eu ce courage politique. Fiers également d’avoir su dialoguer avec nos partenaires pour construire un dispositif concerté.

Oui, nous pouvons être fiers d’avoir surmonté les différents obstacles qui se dressaient devant nous. Fiers surtout de pouvoir proposer aujourd’hui, une démarche dont l’objectif est de rendre à chacun sa dignité.

Une autre de nos politiques a récemment fait la une de l’actualité locale : je veux parler de la viabilité hivernale. Je tiens à redire ici que nous avons mis en place une expérimentation et que nous ne manquerons pas de tirer TOUS les enseignements en vue de la prochaine campagne.

En attendant, je tiens surtout à remercier pour leur dévouement, l’ensemble de nos agents chargés de l’entretien des routes qui, comme chaque année, exécutent leurs missions de façon exemplaire.

Venons-en à notre situation financière. Elle est sous contrôle étroit et permanent. Et elle le restera, bien entendu.

Lors du prochain débat d’Orientations Budgétaires, je proposerai à l’assemblée de ne pas augmenter la pression fiscale, alors que la baisse des dotations de l’Etat aurait dû nous y conduire à hauteur de 18% pour cette année 2017.

Vous l’avez compris, et je crois pouvoir m’exprimer dans ce sens en parfaite synergie avec Frédéric : nous continuerons à gérer nos deux Conseils départementaux avec une grande détermination, mais aussi en toute sérénité, forts du soutien de nos collègues et l’appui de nos collaborateurs.

Cependant, il reste pour nous un grand sujet de préoccupation. Celui que nous partageons avec la grande majorité des Alsaciens, à savoir le sort de notre belle région au sein du Grand Est.

On nous avait promis que presque rien n’allait changer pour elle. Pourtant, peu à peu, tout se dimensionne, tout se formate, tout se mutualise en mode « grande région ».

Et partout, l’Alsace disparaît peu à peu. Lentement, mais sûrement.

Cela a commencé dans le monde économique, dans le monde sportif, dans le monde culturel, et s’étend aujourd’hui au domaine touristique.

Ainsi, des sites internet d’envergure mondiale comme Google Maps, ou encore TripAdvisor, la célèbre plate-forme de réservation, n’évoquent plus l’Alsace.

Vous cherchez un hôtel à Colmar ou à Mulhouse ? Vous ne vous rendez plus en Alsace, vous allez dans le Grand Est.

Derrière ces évolutions, il y a de vrais symboles de notre lente dilution.

A l’instar de Frédéric BIERRY, j’entends tous les jours les doutes, voire les craintes de nos responsables associatifs, de nos chefs d’entreprise et de toutes nos forces vives.

Ils ne parviennent pas à se faire à l’idée que notre région puisse se trouver ainsi noyée dans une structure sans âme, car sans racines.

Comme le Maréchal FOCH, nos compatriotes sont sans doute convaincus que si « un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir ».

Vous le savez, nos deux départements n’ont pas ménagé leurs efforts en 2016, pour faire perdurer ce souffle vital qui nous vient du plus profond de nos territoires.

Ils l’ont fait, par exemple, en confortant l’ADIRA, en fusionnant les ADT, en défendant le droit local, en relançant la Maison de l’Alsace à Paris.

Ils ont multiplié les preuves de leur attachement aux valeurs qui ont toujours animé notre région. En cela, ils ont été les véritables porte-drapeaux de l’identité alsacienne. Et ils le seront encore, soyez en convaincus.

Frédéric BIERRY et moi-même souhaitons en effet lancer une initiative qui permettra de s’interroger sur l’avenir institutionnel de notre région historique.

Nous sommes à la veille des élections nationales. La question qui se pose est la suivante : Les Alsaciens souhaitent-ils prendre leur destin en main ou accepter ce qui a été décidé par le gouvernement socialiste ?

Le train de la réforme est déjà passé deux fois en Alsace : une fois lors du référendum d’avril 2013, une seconde fois lors du processus de redécoupage des régions.

A chaque fois, nous avons loupé le bon wagon, celui qui aurait permis à notre région de conserver ses contours historiques.

Lors des élections du printemps prochain, ce train sifflera pour la troisième fois. Sans doute la dernière.

Ce serait bien si Hansel et Gretel, ou encore Jeannala et Seppala, pouvaient jouer les rôles de Gary Cooper et de Grace Kelly dans une nouvelle version de ce western mythique, « Le train sifflera trois fois ».

Cela aurait du sens car, comme certains le disent de façon certainement exagérée : Vues d’Alsace, toutes les régions françaises sont forcément à l’ouest. Et même pour certaines, dans le « Far Ouest ».

En plus, ça permettrait de réécrire le scénario du film et de lui trouver enfin le « happy end » que plusieurs générations de cinéphiles attendaient.

Plus sérieusement, les Conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin vont se réunir le 3 février prochain pour discuter librement de l’avenir de l’Alsace.

L’année 2017 que nous venons d’entamer, sera donc porteuse de nombreux changements.

Je formule le vœu que notre pays puisse profiter d’une nouvelle dynamique pour enfin sortir de son marasme économique et social. Qu’il redevienne un pays dont nous serions à nouveau fiers.

Pour cela, il faudra un gouvernement qui sache prendre en charge ses missions fondamentales, comme la sécurité de ses concitoyens, et faire à nouveau confiance notamment aux entreprises, aux territoires et aux collectivités locales.

Je souhaite que notre société puisse rendre ses lettres de noblesse à la valeur « travail ». Que personne n’attende un improbable miracle économique pour prétendre à un « revenu universel » attribué sans contrepartie.

Je souhaite également que notre société se montre enfin capable de rendre sa dignité à chaque personne en situation de fragilité ou de précarité. Qu’elle soit animée par la recherche permanente d’un « juste droit », comme celui que nous avons défini pour le rSa, ici dans le Haut-Rhin.

Je veux croire en une société qui, à l’image des jeunes que nous allons honorer dans quelques minutes, sache à nouveau se montrer courageuse, audacieuse, responsable et solidaire.

Je veux tout simplement croire en notre capacité à nous mobiliser pour faire gagner la France, avec l’appui de toutes ses forces vives et avec les atouts de tous ses territoires.

Je suis de ceux qui, comme Churchill, aiment dire que si « un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté ».

Je suis de ceux qui :

  • après avoir dit « Yes we can » - « Ja mér kenne’s macha »
  • aiment pouvoir dire « Yes we did » - « Ja mér han’s g’macht »
  • et encore plus volontiers « Ja, mér schaffa’s !!!

Il me reste à vous souhaiter, à vous toutes et à vous tous, ainsi qu’à tous ceux qui vous sont chers, une très belle année 2017 emplie d’espoir.